Les Français en NBA : l’état des lieux chiffré avant 2026-27
Wembanyama DPOY à l’unanimité, Risacher relancé à Dallas, Gobert toujours intraitable : l’état des lieux chiffré des Français en NBA avant la saison 2026-27.



3 heuresPublié le 7 septembre 2026 à 08:44
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Dix-neuf. Jamais la France n'avait envoyé autant de joueurs en NBA qu'au coup d'envoi de la saison 2025-26 : 19 contrats répartis sur 15 franchises, selon le décompte de BeBasket, devant l'Espagne (12) et l'Allemagne (9). Un rang de premier fournisseur européen que l'Espagne des frères Gasol a longtemps occupé, et que le pays de Tony Parker lui a repris. Un an plus tard, en plein cœur de l'été, la photo de famille a changé : un doyen parti en Grèce, un ancien numéro 1 de draft transféré au Texas, le sommet du classement des contreurs devenu une affaire tricolore et une draft 2026 presque muette. État des lieux, chiffres vérifiés à l'appui.
Wembanyama, une locomotive au plafond inédit
Le bilan 2025-26 de Victor Wembanyama tient en une ligne de box score qui n'appartient qu'à lui : 25,0 points, 11,5 rebonds et 3,1 contres de moyenne, à 51,2 % au tir (StatMuse). Le pivot des Spurs a décroché le titre de Défenseur de l'année à l'unanimité des 100 votants, une première dans l'histoire de la ligue, et il en devient le plus jeune lauréat à 22 ans (NBA.com). Troisième saison de suite qu'il termine meilleur contreur. San Antonio a signé 62 victoires et retrouvé la finale NBA pour la première fois depuis 2014, perdue face aux Knicks en cinq manches.
Les métriques d'impact racontent la même domination que le box score, avec plus de finesse : pour comprendre comment ces modèles isolent la contribution d'un joueur, notre guide sur l'EPM et le RAPM détaille la mécanique. Retenez l'essentiel : la locomotive tire, et fort. Le reste du convoi, lui, avance à des vitesses très variables.
Le sommet du contre parle français
Le classement des contreurs 2025-26 se lit comme une feuille de match de l'équipe de France : Wembanyama premier à 3,1, Alexandre Sarr deuxième à 2,0 (Sports Illustrated). Les deux meilleurs protecteurs de cercle de la ligue sont français et cumulent 5,1 contres par soir. Sarr a franchi un cap discret mais mesurable pour sa deuxième année à Washington : 16,3 points, 7,4 rebonds et 2,7 passes en 27,2 minutes, avec un pourcentage à deux points passé de 45,4 % à 52,6 % (RotoWire). Traduction : sur 100 tirs dans l'arc, le pivot des Wizards en convertit sept de plus qu'un an plus tôt. Le bémol tient en un chiffre, 48 matchs disputés, la faute à un orteil récalcitrant en fin de saison.
Bilal Coulibaly, lui, plafonne en apparence : 11,7 points à 42,5 % en 56 rencontres, exercice écourté par une blessure au talon (ESPN). La lecture fine est plus encourageante : 38,7 % à trois points après le All-Star break, contre 31,9 % sur l'ensemble de la saison. Washington a levé son option pour 2026-27 sans trembler : l'axe Sarr-Coulibaly reste le squelette défensif du projet, et les données de fin de saison suggèrent que l'arrière n'a pas dit son dernier mot en attaque.
Risacher, le pari racheté par Dallas
Deux ans après sa sélection en première position, Zaccharie Risacher a changé d'adresse le 19 juillet : les Mavericks l'ont récupéré dans un montage à trois équipes qui envoyait Lu Dort à Atlanta (CBS Sports). Les chiffres expliquent le prix réduit : 9,6 points en 22,4 minutes sur 67 matchs en 2025-26, à 36,8 % de loin. Sa moyenne en carrière (11,1 points sur 142 rencontres) situe sa saison rookie autour de 12,4 unités : l'ailier a donc laissé en route un quart de sa production offensive, dans une équipe des Hawks qui avait empilé les renforts vétérans devant lui.
Dallas récupère un profil 3-and-D de 21 ans à prix cassé, l'archétype de l'achat à la baisse dans un été agité, dont notre suivi des transferts NBA 2026 donne la mesure. Le pari est lisible : un tir extérieur à 36,8 %, une défense sérieuse sur l'aile, et deux saisons de marge avant ses 24 ans. C'est cette matière première que les Mavericks achètent.
Gobert, 34 ans et toujours rentable
On enterre Rudy Gobert chaque automne, et chaque printemps les possessions donnent tort aux fossoyeurs. En 2025-26, le pivot des Wolves a disputé 76 matchs à 10,9 points et 11,5 rebonds, avec 66,4 % de réussite au tir, meilleure marque de la ligue (CBS Sports). Faites le calcul : chaque tentative du Français rapporte 1,33 point, hors lancers francs. Peu de joueurs offrent un rendement pareil sur un volume de titulaire.
L'impact défensif se mesure dans les données on/off : 106,5 points encaissés sur 100 possessions avec lui sur le parquet, 114,4 sans lui (CraftedNBA). Huit points d'écart, à un âge où la plupart des protecteurs de cercle préparent leur reconversion en consultants. Minnesota s'offre le luxe de préparer la succession en interne, et l'héritier désigné figure justement dans la promotion suivante.
La classe 2025 avance en ordre dispersé
Maxime Raynaud est la bonne surprise du lot : 12,5 points et 7,5 rebonds à 57,1 % de réussite, 56 titularisations en 74 rencontres et 18 double-doubles, soit un match sur quatre (Sactown Sports). Le pivot des Kings repart avec une place dans la All-Rookie Second Team. Nolan Traoré a soufflé le chaud et le froid à Brooklyn : 8,9 points et 3,8 passes à 38 % au tir sur la saison, mais un mois de février à 12,2 points et 5,6 passes qui dessine le meneur qu'il peut devenir (Sports Illustrated). Joan Beringer a peu joué chez les Wolves (7,9 minutes sur 40 matchs), avec un rendement intrigant de 68,3 % de true shooting, et une G League dévorée à 15,3 points, 11,3 rebonds et 2,4 contres (CBS Sports). L'intersaison de Minnesota en dit long sur la confiance placée en lui.
L'été a aussi redistribué les rôles chez les aînés :
- Ousmane Dieng a signé pour trois ans et 17,5 millions de dollars aux Bucks (BeBasket) ;
- Rayan Rupert repart en two-way, désormais chez les Sixers ;
- Guerschon Yabusele quitte la NBA pour le Panathinaïkos, trois saisons à environ 4 millions d'euros par an (Basket USA) ;
- Nicolas Batum, dont les Clippers ont décliné l'option, hésite encore à 37 ans entre la retraite et une dernière danse.
Draft 2026 : la vague marque une pause
Un seul nom français sur les 60 appelés à Brooklyn : Narcisse Ngoy, 57e choix, sélectionné par Atlanta puis envoyé aux Clippers (Basket USA). Le pivot de 2,14 m, MVP et meilleur défenseur d'Élite 2 avec Poitiers, ne posera pas ses valises en NBA tout de suite : il jouera à Auburn en NCAA en 2026-27, un draft-and-stash inédit permis par la règle d'éligibilité automatique à 22 ans. Le détail pick par pick figure dans nos résultats du second tour de la draft 2026. Aucun Tricolore au premier tour : le contraste est brutal avec 2024, quand Risacher et Sarr occupaient les deux premières places. La base de la pyramide reste large, la marche d'après ne va plus de soi.
Ce que pèse la colonie avant la reprise
Résumons ce que disent les indicateurs au 11 août : un finaliste NBA sacré Défenseur de l'année à l'unanimité, les deux meilleurs contreurs de la ligue, un ancien numéro 1 de draft relancé au Texas, un rookie récompensé à Sacramento, et un doyen de moins. Le record de 19 sera difficile à rééditer dès cette saison, entre le départ de Yabusele et l'hésitation de Batum. La hiérarchie, elle, n'a jamais été aussi nette : la France ne fournit plus du volume, elle fournit le plafond de la ligue. En attendant le tip-off, rien n'interdit de travailler sa détente sur le terrain d'en bas avec le bon matériel de basket. Pour les 3,1 contres de moyenne, en revanche, on ne garantit rien.
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