Nicolas Batum prend sa retraite après 1 205 matchs NBA et sept médailles
Nicolas Batum prend sa retraite après 18 saisons NBA : 1 205 matchs, 11 553 points, 1 842 tirs primés, sept médailles avec les Bleus. Sa carrière en données.



6 heuresPublié le 22 septembre 2026 à 17:30Mis à jour le 22 septembre 2026 à 20:50
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Lundi 21 septembre 2026, Nicolas Batum a publié une vidéo tournée dans le gymnase de Pont-l'Évêque, dans le Calvados, le club où il a commencé. À côté de lui, son fils Ayden, 10 ans. « J'ai fait tout ce que j'avais à faire », dit-il. À 37 ans, après dix-huit saisons, l'ailier arrête.
Sa carrière tient dans des totaux qui ne ressemblent pas à ceux d'une vedette : 1 205 matchs de saison régulière, 11 553 points, 9,6 points de moyenne. Aucune de ces lignes ne raconte un sommet. Mises bout à bout, elles le placent deuxième Français de l'histoire de la NBA dans presque toutes les colonnes qui comptent.
Le classement français le place deuxième presque partout
Au relevé du 22 septembre 2026, sur le nombre de matchs NBA, Tony Parker mène avec 1 254 rencontres, Batum suit à 1 205, devant Boris Diaw (1 064) et Rudy Gobert (905, toujours en activité). Sur les points : Parker 19 473, Batum 11 553, Gobert 11 287, puis Evan Fournier 9 607 et Diaw 9 139. Deuxième, deuxième.
Le seul classement où il passe premier en dit davantage : 1 842 tirs à 3 points réussis, contre 1 359 à Fournier, 519 à Parker et 475 à Diaw au même relevé. Gobert en compte zéro, et exactement 1 842 contres en carrière. Le hasard a le sens de la formule.
Ce premier rang vient de la durée autant que de l'adresse. Dix-huit saisons, 1 205 matchs, soit 67 rencontres par exercice en moyenne, de 2008-09 à 2025-26. Une seule fois il a dépassé 15 points de moyenne : en 2016-17 à Charlotte, avec 15,1 points, 6,2 rebonds et 5,9 passes en 77 matchs. Ses autres pointes tiennent en deux lignes, 14,9 points en 2015-16 et 14,3 en 2012-13.
Près de la moitié de ses points vient de derrière l'arc
1 842 paniers primés valent 5 526 points. Sur les 11 553 inscrits en carrière, cela représente 47,8 % de sa production offensive. Presque un point sur deux, pris derrière la ligne, à 37,1 % de réussite, ce qui suppose environ 4 965 tentatives en dix-huit ans.
Le reste de sa fiche est celui d'un ailier complet : 5 656 rebonds, 3 612 passes, 1 075 interceptions, 720 contres. Drafté en 25e position par Houston en 2008 et transféré à Portland le soir même, où il est resté sept saisons, le plus long de ses quatre séjours.
Son meilleur tir est arrivé à 36 et 37 ans
Les deux dernières saisons aux Clippers tiennent en peu de minutes et en beaucoup d'adresse. En 2024-25 : 78 matchs, 4,0 points de moyenne, 43,3 % à 3 points sur 88 réussis, le meilleur pourcentage de sa carrière. En 2025-26 : 74 matchs, 4,0 points, 2,5 rebonds, 0,9 passe, 40,4 % sur 92 réussis, son deuxième meilleur pourcentage en carrière. Le rôle s'est réduit, l'adresse a grimpé.
À 36 et 37 ans, il a disputé 152 des 164 matchs possibles. Un ailier qui tire à 40 % et se présente tous les soirs, c'est le profil que visent les contrats de vétérans.
Le détail par franchise raconte la trajectoire : Portland, sept saisons et 481 matchs à 11,2 points ; Charlotte, cinq saisons, 308 matchs, 12,1 points ; Philadelphie, une saison et 57 matchs à 5,5 points en 2023-24 ; les Clippers, six exercices et 359 matchs à 5,9 points, en deux passages séparés par cette parenthèse à Philadelphie. En playoffs, 76 matchs sur dix campagnes et 8,6 points de moyenne, dont 34 avec Portland et 31 avec les Clippers, finale de conférence 2021 comprise.
Charlotte a payé 57 % de sa carrière pour un quart de ses matchs
Basketball-Reference chiffre ses gains à 208 712 859 $ sur dix-huit ans, en signalant que le relevé peut être incomplet. Le 7 juillet 2016, Charlotte lui a signé cinq ans et 120 millions. Ce contrat unique pèse 57,5 % de ses revenus de carrière, pour 308 matchs sur 1 205, soit 25,6 % de ses apparitions.
Le calendrier des versements est plus parlant que le total. Charlotte lui règle 20,87 millions en 2016-17, 22,43 en 2017-18, 24,00 en 2018-19, 25,57 en 2019-20, puis le coupe et étale le reliquat : 8,86 millions par an de 2020-21 à 2022-23, 26,57 millions au total, pendant qu'il jouait aux Clippers pour 1,62 million, puis 3,17, puis 10,84. Deux de ces trois saisons, la franchise qui ne l'alignait plus l'a payé plus cher que celle qui le faisait jouer.
Rapporté à l'ensemble, cela donne près de 173 000 $ par match joué. Le chiffre dit surtout qu'une franchise achète un statut à un instant donné, et qu'un statut se démode plus vite qu'un contrat. Son dernier engagement, deux ans et 11,5 millions signés avec les Clippers à l'été 2025, lui a rapporté 5,60 millions en 2025-26. En juin, l'équipe a décliné son option pour 2026-27 et il est devenu agent libre, comme nous l'écrivions dans notre état des lieux des Français en NBA.
Les Bleus lui doivent sept médailles en douze tournois
En sélection, le relevé est plus flatteur : 177 matchs, 1 783 points, 665 rebonds, 357 passes, 219 interceptions, 126 contres, 211 tirs primés. Soit 10,1 points par sélection, un demi-point au-dessus de sa moyenne NBA.
Sept podiums pour douze tournois majeurs disputés :
- argent à l'Euro 2011
- or à l'Euro 2013
- bronze au Mondial 2014
- bronze à l'Euro 2015
- bronze au Mondial 2019
- argent aux Jeux de Tokyo, disputés en 2021
- argent aux Jeux de Paris 2024
Il n'a manqué que les Euros 2017 et 2022. C'est le record français de médailles, une distinction qu'il faut séparer de celle des sélections, qui appartient à Boris Diaw et à ses 247 capes.
Une action résume mieux que ces totaux ce qu'il apportait aux Bleus. Demi-finale olympique, 5 août 2021, France - Slovénie 90-89 : à 2,4 secondes de la fin, Batum contre le tir de Klemen Prepelic. L'un de ses quatre contres de la soirée. En face, Luka Dončić avait signé 16 points, 10 rebonds et 18 passes. Ce geste pèse plus lourd qu'une ligne de statistiques clutch, qui ne le restituent qu'en partie.
Sa carrière internationale s'est arrêtée après Paris 2024. « Mon temps avec la France s'est terminé il y a deux ans », a-t-il rappelé lundi. « Et la NBA, c'est fini aussi. »
Pont-l'Évêque referme une boucle de trente-cinq ans
La date de l'annonce n'a pas été choisie au hasard. Richard Batum, son père, est mort le 21 septembre 1991 à Autun, d'une rupture d'anévrisme pendant un match. Nicolas, né le 14 décembre 1988, avait deux ans. « C'est le 35e anniversaire de la mort de mon père sur un terrain », dit-il dans la vidéo.
Le reste tient en trois phrases adressées à son fils : « J'ai décidé d'arrêter le basket pour plusieurs raisons. Je veux rentrer à la maison et être avec toi. Je vais prendre soin de toi et laisser la place aux autres. » Au 22 septembre, aucun rôle n'a été annoncé pour la suite, ni du côté de la fédération, ni du côté des Clippers.
Le décor de l'annonce est celui de ses débuts : un gymnase de Pont-l'Évêque et un enfant de 10 ans, à qui le ballon de basket passe désormais. De toute cette carrière, le chiffre qui restera n'est pas 11 553 points, c'est 1 205 matchs : dix-huit ans passés à répondre présent, du 25e choix de la draft 2008 aux 74 matchs de sa dernière saison, à 37 ans.
Sources : ESPN, NBA.com, Sports Illustrated et Yahoo Sports pour l'annonce et les citations du 21 septembre 2026 ; Basketball-Reference pour les totaux NBA, les classements français et les salaires (consulté le 22 septembre 2026) ; teamfrancebasket.com pour la fiche en équipe de France ; dépêche AP du 5 août 2021 pour la demi-finale olympique ; Wikipédia, BeBasket et Bleacher Report pour la draft 2008, le contrat de 2016 et le dernier contrat aux Clippers (consultés le 22 septembre 2026).
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