Principe
L’attaque Princeton part d’un constat simple : une équipe moins grande et moins athlétique que son adversaire ne gagnera pas les duels, elle doit donc gagner par la lecture du jeu. Il n’y a pas de postes fixes. Les cinq joueurs doivent savoir passer, dribbler et tirer, y compris le pivot, qui sert souvent de premier passeur. L’alignement de base place quatre joueurs à l’extérieur de la ligne à trois points et un intérieur en haut de la raquette.
Le rythme est lent et patient. Le ballon circule, les joueurs coupent et se replacent jusqu’à ce que la défense commette l’erreur attendue. Cette patience réduit le nombre de possessions et maintient des scores bas, ce qui protège l’équipe la moins talentueuse.
Comment ça se joue
Tout passe par le poste haut. L’intérieur qui y reçoit le ballon, face au jeu, lit les défenseurs et choisit la suite. Trois armes reviennent sans cesse :
- La coupe dans le dos du défenseur, le backdoor, qui punit tout défenseur qui surjoue la ligne de passe. C’est la signature du système.
- La remise en main, le hand-off, par laquelle l’intérieur rend le ballon à un arrière lancé qui profite de son bloc.
- Le tir à trois points, que chacun doit pouvoir prendre pour que la défense ne puisse pas resserrer la raquette.
Le système ne récite pas une combinaison : les joueurs réagissent à ce que fait la défense. En cela, il est proche de la motion offense, avec une place plus centrale pour le passeur au poste haut et pour la coupe vers le cercle.
Comment le contrer
La première réponse consiste à ne pas surjouer les lignes de passe : un défenseur qui reste entre son joueur et le panier ferme la porte au backdoor. La seconde est de gêner le relais au poste haut, en refusant ou en contestant chaque passe vers l’intérieur. Face à des joueurs patients, il faut aussi rester concentré jusqu’au bout de la possession.
Le point faible du système tient à son exigence : il demande cinq joueurs capables de passer et de décider vite.
Histoire et exemples célèbres
Le système est indissociable de Pete Carril, entraîneur de l’université de Princeton de 1967 à 1996. Il y signe un bilan de 514 victoires pour 261 défaites, 13 titres de l’Ivy League, 11 participations au tournoi NCAA et un titre en NIT en 1975. Sa dernière victoire universitaire est l’élimination d’UCLA, champion en titre, au premier tour du tournoi NCAA 1996, sur un backdoor resté célèbre.
Carril rejoint ensuite le staff des Sacramento Kings, où il aide Rick Adelman, arrivé en 1998, à installer le système en NBA. Eddie Jordan, qui l’avait appris à Sacramento auprès de Carril, en fait la base de son jeu à la tête des Washington Wizards de 2003 à 2008. À l’université, John Thompson III, ancien joueur de Carril, conduit Georgetown, avec la même attaque, jusqu’au Final Four 2007, où les Hoyas sont battus en demi-finale par Ohio State. Pete Carril est mort le 15 août 2022, à 92 ans.
Questions fréquentes
Pourquoi l’appelle-t-on attaque Princeton ?
Parce qu’elle a été rendue célèbre par l’équipe de l’université de Princeton, entraînée par Pete Carril pendant près de trente ans.
L’attaque Princeton est-elle encore jouée en NBA ?
Rarement dans sa forme complète. Mais ses principes, le pivot passeur au poste haut, les remises en main et les coupes dans le dos, se retrouvent dans beaucoup d’attaques actuelles.
Faut-il de grands joueurs pour la jouer ?
Non, c’est même l’inverse : elle a été pensée pour compenser un déficit de taille et d’athlétisme par l’intelligence de jeu.



