Principe
Le backdoor, littéralement la « porte de derrière », punit un défenseur trop agressif. Quand celui-ci se place entre son joueur et le ballon pour couper la ligne de passe, il tourne en partie le dos au panier. L’attaquant n’a plus qu’à exploiter l’espace laissé derrière lui. C’est une coupe qui ne demande ni écran ni dribble, seulement du timing et une bonne entente avec le passeur.
Comment ça se joue
Le mouvement se décompose en trois temps :
- La feinte : l’attaquant fait deux ou trois pas vers le ballon ou vers l’extérieur, comme s’il voulait recevoir. Son défenseur le suit et monte d’autant.
- Le changement de direction : il plante un appui et repart vers le cercle dans le dos de son défenseur, main tendue pour réclamer le ballon.
- La passe : souvent une passe à terre, qui passe sous les bras du défenseur, puis une finition près du cercle.
Les meilleures occasions apparaissent quand le défenseur regarde le ballon plutôt que son joueur, quand il surjoue une ligne de passe vers l’aile, ou quand un intérieur au poste haut sert de relais : le défenseur qui le surveille ne peut pas aider à temps.

Comment le contrer
La première protection est de garder son joueur et le ballon dans son champ de vision, sans tourner le dos au panier. Un défenseur qui pratique le deny doit sentir le moment où la coupe arrive et reculer d’un pas. La seconde est collective : le défenseur côté faible, placé dans la raquette, doit être prêt à fermer le chemin vers le cercle. Contre une défense de zone, le backdoor perd l’essentiel de son intérêt, puisque personne ne surveille un joueur en particulier.
Exemples célèbres
Le backdoor est la signature de l’attaque Princeton de Pete Carril, et son moment le plus célèbre date du 14 mars 1996. Au premier tour du tournoi NCAA, Princeton, 13e tête de série, affronte UCLA, quatrième et champion en titre. À 41-41, dans les dernières secondes, Gabe Lewullis feinte vers l’extérieur, coupe dans le dos de son défenseur et reçoit une passe à terre de Steve Goodrich pour le panier de la victoire, 43-41. C’est le dernier tournoi de Carril, qui avait annoncé sa retraite quelques jours plus tôt.
Questions fréquentes
Pourquoi parle-t-on de « backdoor » ?
Parce que l’attaquant entre par la « porte de derrière » : il passe dans le dos de son défenseur, là où celui-ci ne le voit pas.
Quelle différence entre un backdoor et un v-cut ?
Le v-cut sert à se démarquer vers le ballon : on descend vers le panier puis on remonte vers l’extérieur. Le backdoor fait l’inverse, il part de l’extérieur pour finir vers le cercle.
Faut-il une passe à terre pour réussir un backdoor ?
Non, mais c’est la plus courante : le rebond fait passer le ballon sous les bras du défenseur qui tente de revenir.



