Principe
Un seul écran sans ballon suffit rarement contre un bon défenseur : il le contourne, colle à son joueur et ferme le tir. Le stagger, ou écrans décalés, lui impose un deuxième obstacle quelques pas plus loin. Le tireur enchaîne les deux blocs sur une même course, et son défenseur, qui vient à peine de se libérer du premier, se heurte aussitôt au second.
Les deux écrans ne sont pas posés côte à côte, comme dans un double écran, mais l’un après l’autre, en décalé, le long du trajet du tireur. C’est ce décalage qui donne son nom à l’action (« staggered », échelonné) et qui la rend difficile à suivre.
Comment ça se joue
Le schéma le plus courant part de la ligne de fond. Le tireur démarre sous le panier ou près du poste bas, deux coéquipiers s’installent en ligne brisée vers l’aile ou la tête de raquette, et il remonte en frôlant les deux écrans, épaule contre épaule, pour recevoir à trois points. Quand un extérieur et un intérieur posent les écrans, l’intérieur se place le plus souvent en second, au plus près de la zone de réception.
Le tireur lit ensuite son défenseur :
- s’il suit dans son dos, le tireur sort en courbe vers le panier, le curl, pour un tir en course ou une passe ;
- s’il passe par le chemin le plus court pour l’attendre à la sortie, le tireur refuse les écrans et coupe vers le cercle en backdoor ;
- s’il reste bloqué, la réception mène à un catch-and-shoot ouvert.
Les poseurs ont aussi leurs options. Si leurs défenseurs aident sur le tireur, l’un plonge vers le cercle pendant que l’autre ressort vers l’extérieur, et l’action se transforme en jeu à trois.

Comment le contrer
Tout repose sur la communication. Le défenseur du tireur doit savoir combien d’écrans l’attendent et de quel côté. Les défenseurs des poseurs peuvent sortir un court instant sur le tireur pour gêner sa réception, avant de revenir sur leur joueur. Échanger les joueurs sur chaque écran, le switch, évite d’avoir à contourner deux blocs, mais crée souvent un décalage de taille, avec un intérieur face à un tireur. Beaucoup de défenses choisissent de suivre le tireur de près sur le premier écran et d’anticiper le second.
Exemples célèbres
Les grands tireurs sans ballon ont bâti une partie de leur carrière sur ces courses autour des écrans. Reggie Miller, à Indiana, en a été le modèle dans les années 1990 : Richard Hamilton, futur champion avec Detroit, a raconté avoir appris de lui l’art de se démarquer sans ballon. Ray Allen a prolongé cette tradition jusqu’à Miami, où le Heat lui dessinait des staggers profonds, partis de la ligne de fond. Plus près de nous, Klay Thompson a lui aussi construit sa réputation sur les sorties d’écrans.
Questions fréquentes
Quelle différence entre stagger et double écran ?
Dans un double écran, les deux poseurs sont côte à côte et forment un mur. Dans un stagger, ils sont espacés et le tireur les utilise l’un après l’autre.
Qui pose les écrans dans un stagger ?
N’importe quels joueurs, mais souvent un extérieur puis un intérieur. L’intérieur, placé en second, peut ensuite rouler vers le cercle.
Le stagger sert-il seulement les tireurs ?
Non. C’est l’usage le plus fréquent, mais il peut aussi libérer un créateur, qui reçoit en mouvement et attaque une défense déjà déséquilibrée.



