Principe
L’écran est la brique de base de presque toutes les attaques organisées. Il crée en une fraction de seconde un avantage local : pendant que le défenseur contourne le bloc, l’attaquant libéré prend un temps d’avance, et la défense doit choisir entre le laisser filer ou envoyer un deuxième joueur, qui abandonne alors le sien. Un écran bien posé, c’est un dilemme imposé à la défense.
Comment ça se joue
On distingue plusieurs familles :
- L’écran sur le porteur, base du pick-and-roll : le poseur roule ensuite vers le cercle, s’écarte pour tirer ou s’arrête au milieu de la raquette en short roll.
- L’écran sans ballon, pour libérer un tireur ou un coupeur : écran retard qui le fait remonter, écran de dos qui ouvre une coupe vers le cercle, écran latéral qui l’écarte vers l’aile.
- La remise-écran : dans un DHO, le porteur dribble vers un coéquipier, lui remet le ballon et devient poseur d’écran.
- La feinte : dans un ghost screen, le poseur fait mine de bloquer puis s’écarte avant le contact, souvent pour un tir à trois points.
Des placements entiers sont construits autour des écrans. En horns, deux intérieurs postés aux coudes offrent au meneur un écran de chaque côté dès le début de la possession.
Côté technique, le poseur garde les pieds écartés à la largeur des épaules et les bras contre le corps. L’attaquant libéré attend que l’écran soit posé, puis passe épaule contre épaule pour ne laisser aucun espace au défenseur.
La règle
Le règlement FIBA (article 33.7) déclare un écran illégal dans trois cas : le poseur était en mouvement au moment du contact ; il s’est placé hors du champ de vision d’un adversaire immobile sans lui laisser assez de place ; il n’a pas respecté le temps et la distance face à un adversaire en mouvement, auquel il doit laisser entre un et deux pas normaux selon sa vitesse. La NBA applique le même principe : le défenseur doit avoir la possibilité d’éviter le contact. Un écran illégal est une faute offensive.
Comment le défendre
Le défenseur ciblé peut passer au-dessus de l’écran pour coller à son joueur, ou dessous s’il ne craint pas le tir. Les deux défenseurs concernés peuvent aussi échanger leurs joueurs (switch), ou orienter le porteur vers la ligne de touche, comme dans la couverture ice.
Exemples célèbres
Depuis 2016-17, la NBA compte les écrans décisifs (screen assists), c’est-à-dire les écrans qui mènent directement à un panier. Rudy Gobert en a été le meilleur poseur de la ligue trois saisons de suite, avec 478, 471 puis 434 écrans décisifs de 2018-19 à 2020-21.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un écran illégal ?
Un écran posé en mouvement, sans laisser au défenseur la place d’éviter le contact, ou avec les jambes ou les bras écartés pour le retenir. L’arbitre siffle une faute offensive.
Quelle différence entre screen et pick ?
Aucune sur le fond : les deux mots désignent l’écran. « Pick » s’emploie surtout pour l’écran posé sur le porteur du ballon, d’où le nom de pick-and-roll.
Un écran peut-il être posé sans ballon ?
Oui, et c’est très fréquent : la plupart des tireurs d’élite reçoivent leurs ballons après un ou plusieurs écrans posés loin du porteur.



