Principe
Au lieu de franchir l’écran, les deux défenseurs concernés échangent simplement leurs attaquants. Le switch supprime l’avantage immédiat que cherche l’écran : personne n’est laissé libre, ni le porteur ni le poseur. En contrepartie, il crée souvent un mismatch, c’est-à-dire un duel déséquilibré : un pivot face à un meneur rapide, ou un arrière face à un intérieur plus lourd.
Tout l’enjeu est donc d’avoir des joueurs capables de défendre sur plusieurs postes. Une équipe dite « switchable » aligne des défenseurs aux gabarits proches et polyvalents, qui peuvent échanger sans offrir de cible évidente.
Comment ça se joue
Le switch se décline en plusieurs niveaux :
- Tout changer (« switch everything ») : les défenseurs échangent sur chaque écran, quel que soit le poste. C’est la version la plus simple à lire, mais la plus exigeante en polyvalence.
- Le switch sélectif : on n’échange qu’entre joueurs de profils proches, par exemple entre extérieurs, tandis que le pivot reste près du cercle.
- Le switch tardif : le défenseur tente d’abord de suivre son joueur et n’échange qu’en cas de retard, au risque d’un moment de flottement.
Dans tous les cas, la communication est décisive : c’est le défenseur du poseur, qui voit l’action arriver, qui annonce l’échange à voix haute.
Comment l’exploiter
Face à une défense qui change, l’attaque cherche le duel favorable. Le meneur peut attaquer en isolation le pivot qui l’a récupéré, ou l’intérieur jouer un post-up contre l’arrière plus petit. Le poseur peut aussi filer vers le cercle avant le contact : l’échange n’a pas le temps de se faire et un couloir s’ouvre. Les attaques les plus patientes enchaînent plusieurs écrans jusqu’à obtenir le mismatch voulu.
Exemples célèbres
Les Golden State Warriors des années 2010 ont fait du switch une arme, autour de Draymond Green, capable de défendre aussi bien sur un meneur que sur un pivot. Il est élu meilleur défenseur de la saison 2016-17.
En 2017-18, les Houston Rockets de Mike D’Antoni changent sur presque tous les écrans, avec des ailiers comme P.J. Tucker et Trevor Ariza. En finale de la conférence Ouest 2018, ils sont la seule équipe à pousser les Warriors de Kevin Durant jusqu’à un septième match, avant de s’incliner.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une défense switchable ?
Une défense dont les joueurs peuvent échanger leurs adversaires sur n’importe quel écran sans créer de faiblesse évidente, parce qu’ils ont des tailles et des qualités proches.
Vaut-il mieux switcher ou passer l’écran ?
Cela dépend des joueurs. Le switch évite de laisser un adversaire libre, mais crée des duels déséquilibrés ; passer l’écran garde les bons duels, au prix d’un instant de retard.
Que faire quand un pivot se retrouve sur un meneur ?
Il recule d’un pas pour ne pas se faire déborder, accepte le tir de loin plutôt que la pénétration, et compte sur l’aide de ses coéquipiers.







