Principe
Face au pick-and-roll, le drop coverage répartit les rôles simplement. Le défenseur du porteur passe par-dessus l’écran et le poursuit. Le défenseur du poseur, généralement le pivot, reste bas, entre le porteur et le cercle. Il ne sort pas à la rencontre du ballon : il contient à la fois le porteur et le poseur qui roule, le temps que son coéquipier revienne devant. L’objectif est de fermer le cercle et les passes lobées, en concédant plutôt un tir à mi-distance, le moins rentable du basket moderne.
Là où le hedge fait sortir le pivot, le drop le garde près du cercle. Sur un pick-and-roll joué près de la ligne de touche, il s’associe souvent à l’ice ; entre joueurs de même gabarit, beaucoup d’équipes préfèrent le switch.
Comment ça se joue
Tout est affaire de profondeur. Selon l’adversaire, le pivot attend au niveau de l’écran, vers la ligne des lancers francs, ou tout près du cercle. Plus il est haut, plus il gêne le tir du porteur ; plus il est bas, mieux il protège l’arceau.
- Le défenseur du porteur ne passe pas sous l’écran, sinon il offre un tir à trois points sans opposition. Il pousse le dribbleur vers son pivot et le conteste par derrière.
- Le pivot recule en gardant le porteur et le poseur devant lui, sans se laisser aspirer par l’un ou l’autre.
- Côté faible, un défenseur se tient prêt à toucher le poseur qui roule si le pivot doit s’engager sur le porteur.

Comment l’exploiter
- Le tir après dribble : un porteur adroit en pull-up jumper s’arrête devant le pivot reculé et tire presque sans opposition.
- Le pick-and-pop : le poseur s’écarte à trois points au lieu de rouler ; son défenseur, resté dans la raquette, arrive trop tard.
- Le Spain pick-and-roll : un troisième attaquant pose un écran dans le dos du pivot, qui reste bloqué pendant que le poseur file vers le cercle.
- Le floater : à mi-chemin du cercle, le porteur lâche un tir en cloche par-dessus le pivot.
Exemples célèbres
Le drop est la couverture naturelle des grands protecteurs de cercle. Rudy Gobert, élu quatre fois meilleur défenseur de la saison (2018, 2019, 2021 et 2024), en est l’archétype. Les Milwaukee Bucks de Mike Budenholzer en avaient fait la base de leur défense autour de Brook Lopez, avec un titre NBA en 2021, mais aussi des difficultés face aux équipes capables de punir l’espace laissé à mi-distance.
Questions fréquentes
Pourquoi accepter le tir à mi-distance ?
Parce qu’il ne rapporte que deux points, avec une réussite inférieure à celle des tirs près du cercle. Pour la défense, c’est un moindre mal comparé à un dunk du poseur ou à un tir à trois points ouvert.
Le drop fonctionne-t-il contre tous les meneurs ?
Non. Face à un porteur qui tire à trois points après dribble, le défenseur du porteur doit être parfait au-dessus de l’écran. Sinon, l’équipe fait monter son pivot plus haut ou change de couverture.
Quel profil de pivot faut-il ?
Un intérieur grand, à la longue envergure, capable de reculer en restant équilibré et de contester un tir sans faire faute. La vitesse latérale compte moins que dans les couvertures où il faut sortir loin du cercle.



