Aller au contenu principal

Dimanche 13 septembre au soir, à la Berlin Arena, devant 12 233 spectateurs, les Bleues ont perdu contre les États-Unis, 79-97, la première finale de Coupe du monde de l'histoire du basket français, sélections masculine et féminine confondues. Le récit de la soirée a fait le tour des rédactions. La feuille de match, elle, porte un constat qui s'est peu lu : additionnez le premier, le deuxième et le quatrième quart-temps, vous tombez sur un 67-67 parfait. Les dix minutes restantes se sont jouées 30 à 12 pour les Américaines. L'écart final, dix-huit points, est au point près celui du troisième quart-temps (source : feuille de match FIBA, 13 septembre 2026).

Trente minutes à 67-67, dix minutes à 12-30

Le détail des quarts-temps, France en premier, donne 20-17, 25-26, 12-30 et 22-24. La France mène de quatorze points au début du deuxième acte, c'est le plus grand écart du match, et elle vire encore en tête à la pause, 45-43. Puis vient ce troisième quart-temps à 12 points marqués, le plus faible total français sur les vingt quarts-temps du tournoi dont le détail a pu être vérifié. Le précédent plancher était à 16, atteint deux fois, contre la Hongrie puis contre le Nigeria.

Reprenez maintenant les six matchs des Bleues. Elles n'ont concédé que cinq quarts-temps sur tout le Mondial : 24-31 contre la Corée du Sud, 16-17 contre le Nigeria, puis 25-26, 12-30 et 22-24 en finale. Un sixième s'est terminé à égalité, 22-22 contre la Hongrie. Autrement dit, sur dix jours de compétition, un seul quart-temps a été perdu de plus de sept points, et son écart vaut à lui seul la totalité de l'écart de la finale. Le quatrième quart-temps, lui, est reparti sur un 22-24, soit deux points, l'ordre de grandeur du reste de la rencontre.

L'écart entier est logé à l'intérieur de l'arc

Décomposez les 97 points américains et les 79 français par zone, et la soirée change de visage. À deux points : 56 contre 30, soit 26 points de retard. À trois points : 24 contre 33, neuf points d'avance pour la France. Aux lancers francs : 17 contre 16, un point. Total : moins 26, plus 9, moins 1. L'écart de dix-huit points se forme en entier à l'intérieur de la ligne, et le tir extérieur tricolore l'a même réduit de neuf unités.

Les pourcentages confirment le sens de lecture. Derrière l'arc, la France tire 11/24, soit 46 %, contre 8/19 et 42 % aux Américaines. 41,8 % des points français viennent de loin, contre 24,7 % côté adverse. À l'intérieur, en revanche, les États-Unis rentrent 28 tirs sur 45 (62 %) quand les Bleues en réussissent 15 sur 30 (50 %). Le profil de tir pointe dans la même direction : 44,4 % des tentatives françaises sont parties de derrière l'arc, contre 29,7 % pour les Américaines. Quinze tentatives d'écart dans la raquette et à mi-distance, avec un rendement supérieur de douze points de pourcentage : la finale s'est jouée là, pendant que la France gagnait le duel du tir primé (source : box score officiel du match, fiba.basketball).

Dix tirs de plus, et le panneau offensif au bout

Les États-Unis ont tenté 64 tirs, la France 54. Dix tentatives d'écart, sur un match où les pertes de balle sont à 15 contre 16. Les ballons perdus s'annulent donc presque, et l'essentiel du surplus de munitions vient du panneau offensif. Les Américaines y ont pris 12 rebonds offensifs contre 6, soit six possessions supplémentaires arrachées après un tir manqué. C'est la ressource décrite dans notre article sur le rebond offensif et la seconde chance : une statistique qui ne remplit pas la colonne des points, mais qui remplit celle des ballons.

Reste à chiffrer ce que valent ces dix tirs. Les points marqués dans le jeu, divisés par les tentatives, donnent 1,25 unité par tir aux États-Unis (80 points sur 64 tirs) et 1,17 à la France (63 sur 54). Dix tirs de plus, valorisés au rendement américain de la soirée, pèsent donc 12,5 points, près de 70 % de l'écart final. Le différentiel d'adresse pure, lui, reste modeste : l'eFG% américain s'établit à 62,5 %, le français à 58,3 %, un peu plus de quatre points de pourcentage d'écart. Le volume a pesé davantage que la mire.

51,9 % des points français dans deux paires de mains

Dominique Malonga (21 points, sortie de banc) et Gabby Williams (20 points, 7 passes) ont inscrit 41 des 79 points français, soit 51,9 % du total. En face, Breanna Stewart et Jackie Young cumulent 40 des 97 points américains, 41,2 %. Cet écart de près de onze points entre les deux parts se lit mieux encore au nombre de joueuses à dix unités ou plus : cinq côté américain (Stewart 22, Young 18, Copper 15, Gray 12, Clark 12), deux côté français, la troisième marqueuse tricolore s'arrêtant à 8.

Cette concentration est d'abord un compliment adressé aux deux intéressées. Gabby Williams a terminé le Mondial deuxième marqueuse de la compétition à 18,7 points de moyenne, derrière la seule Emma Meesseman (21,0), deuxième à l'évaluation FIBA avec 22,8, dans le cinq majeur, et meilleure défenseuse du tournoi avec 2,8 interceptions par match, deux ans après la même distinction aux Jeux de Paris (source : fiba.basketball, 13 septembre 2026). Produire la moitié des points d'une équipe à deux, c'est ce que font les joueuses de ce calibre. Le problème est de l'autre côté du terrain : avec cinq joueuses à dix points ou plus, les Américaines n'offraient aucune source unique à couper.

36 victoires de rang, et 79 points qui font exception

Le contexte américain vaut d'être posé. Ce titre est le cinquième consécutif et le douzième au total. Au soir de cette finale, la série américaine atteint 36 victoires d'affilée en Coupe du monde, et il faut remonter à la demi-finale du Mondial 2006, perdue 75-68 contre la Russie, pour trouver la dernière défaite américaine dans une grande compétition. Vingt ans. Sur ce tournoi berlinois, l'équipe a marqué 89,2 points par match et n'en a encaissé que 63,0.

Ce 63,0 donne sa valeur au seul chiffre de la soirée qui plaide pour les Bleues : les 79 points français sont le plus haut total encaissé par les Américaines de tout le Mondial. Personne d'autre n'a passé la barre : la Chine s'est arrêtée à 61, la Hongrie à 56, la Tchéquie à 64, l'Espagne à 66 en demi-finale. Les Américaines avaient d'ailleurs tremblé une fois, le 6 septembre, dans un 55-52 contre l'Italie qui reste leur match le plus serré de la compétition. Face à cette défense, la France arrivait avec 96,2 points de moyenne, un différentiel de +35,6 et aucun match gagné par moins de 22 points en cinq sorties. Les deux trajectoires se sont croisées, et c'est celle des Bleues qui a plié.

Petite consolation pour les amoureux du basket espagnol : la Roja, troisième après son 81-58 contre l'Allemagne, a offert aux Américaines leur plus petit écart de la phase finale (66-76 en demie), placé Iyana Martín dans le cinq majeur, où elle a aussi été élue Rising Star, et fait sacrer Miguel Méndez meilleur entraîneur du tournoi. L'école de la passe supplémentaire se porte bien.

Trois finales, un adversaire, des écarts de 36, 1 et 18 points

La France a maintenant perdu trois finales majeures contre les États-Unis. Londres 2012 : 50-86, trente-six points. Paris 2024 : 66-67, un point. Berlin 2026 : 79-97, dix-huit points. Trois générations, trois contextes, et aucune courbe à en tirer. Un détail relie toutefois les deux finales les plus larges : en 2012 comme en 2026, le troisième quart-temps a fait basculer le match, et les Bleues y ont marqué 12 points dans les deux cas (12-26 à Londres, 12-30 à Berlin).

Les chiffres de Berlin ne racontent pas une équipe dépassée, ils racontent une équipe qui a manqué dix minutes. Une finale mondiale, le basket français ne l'avait jamais atteinte : le meilleur résultat féminin antérieur datait de 1953 (bronze au Chili), et les Bleus de Wembanyama, qui visent le Mondial 2027, en sont eux aussi à deux bronzes pour tout bagage en Coupe du monde. Le premier argent mondial de l'histoire du basket tricolore aura donc coûté un quart-temps.

Envie de travailler vos 12 points de troisième quart-temps ? Le rayon matériel de basket a de quoi meubler les prochaines séances.

Sources : feuille de match et récit officiels de la finale sur fiba.basketball (13 septembre 2026) ; articles fiba.basketball consacrés à la MVP et à la meilleure défenseuse du tournoi (13 septembre 2026) ; franceinfo (13 septembre 2026) ; Wikipédia EN, pages du tournoi, de la finale, de la phase finale et des poules, pages des sélections française et américaine, Mondial 2006, tournois olympiques 2012 et 2024. Consultation le 14 septembre 2026.

Prix imbattables

Comparateur intégré

Achat 100% sécurisé

Paiement protégé

Expédition rapide

Livraison en 24-48h

Retour sans friction

Échange ou remboursement

Par et pour des sportifs

La performance d'abord