Wembanyama retrouve les Bleus à Bercy, avec un Mondial à qualifier
Victor Wembanyama retrouve l’équipe de France le 27 août à Bercy face à la Slovénie. Ce que disent les données de l’Euro 2025 sur ce qui manquait aux Bleus.



3 joursPublié le 14 août 2026 à 10:12Mis à jour le 17 août 2026 à 12:07
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Le 27 août à l'Accor Arena, Victor Wembanyama rejouera pour l'équipe de France. Sa dernière apparition en bleu remontait aux Jeux de Paris 2024 : il avait renoncé à l'Euro 2025, puis manqué la fenêtre de juin pour cause de playoffs avec San Antonio (source : BeBasket, 18 juillet 2026). Les Bleus reçoivent la Slovénie ce soir-là, avant de se déplacer en Suède le 30. Deux matchs de qualification pour la Coupe du Monde 2027, et un retour qui répond assez précisément au problème que les chiffres de l'été dernier avaient mis à nu.
Douze billets à distribuer pour l'Europe
La fenêtre de fin août ouvre un cycle qui court sur deux étés. Les qualifications pour le Mondial 2027 occupent 2026 et 2027, avec douze places à distribuer pour la zone Europe. Rien d'insurmontable sur le papier pour une sélection de ce calibre, mais le basket international a pris l'habitude de rappeler que les feuilles de match ne se jouent pas toutes seules. Frédéric Fauthoux décrit Wembanyama comme le « leader incontesté de cette génération », et le sélectionneur veut que cette présence devienne concrète sur le terrain plutôt que théorique.
Evan Fournier réintègre également le groupe, auréolé d'un titre en Euroligue avec l'Olympiakos, pendant que Guerschon Yabusele, Bilal Coulibaly et Zaccharie Risacher manquent à l'appel pour des raisons personnelles.
Euro 2025 : le diagnostic chiffré des Bleus
Pour comprendre ce que ce retour change, il faut relire l'été précédent. Privée de Wembanyama, de Rudy Gobert et d'Evan Fournier, tous trois forfaits avant le tournoi (source : franceinfo), l'équipe de France a livré à l'EuroBasket 2025 un tournoi à deux visages. En poule à Katowice, le bilan affiche 4 victoires pour 1 défaite et la première place du groupe D. Les quatre succès ? 92-64 contre la Belgique, 103-95 contre la Slovénie, 83-76 contre la Pologne, 114-74 contre l'Islande. Faites le calcul : 98 points de moyenne les soirs de victoire.
Puis regardez les deux défaites : 69 points contre Israël (82-69), 70 contre la Géorgie en huitième de finale (80-70). Presque trente points d'écart de production entre les bons et les mauvais soirs, contre des adversaires qui n'avaient rien d'armadas défensives historiques. La déduction tient en une phrase : quand le rythme retombait et que le match se jouait en demi-terrain, cette équipe n'avait plus de hiérarchie offensive. Aucun créateur pour forcer un bon tir, aucune menace intérieure pour aspirer les aides. Le box score le suggère, les statistiques avancées le confirment : la production ne s'effondre pas de près de 30 % par hasard.
Le huitième contre la Géorgie, le 7 septembre 2025, illustre le problème mieux qu'un long discours. Kamar Baldwin et Tornike Shengelia ont inscrit 24 points chacun, soit 48 des 80 points géorgiens : 60 % de la production adverse à deux. En face, le meilleur marqueur français, Sylvain Francisco, plafonne à 14 unités. Deux individualités assumées contre un collectif sans patron. Dans un match couperet, celui qui sait à qui donner le ballon dans les cinq dernières minutes part avec un avantage que les moments clutch transforment en qualification.
Voilà précisément ce qu'un intérieur capable de générer du jeu, d'attirer deux défenseurs et de sanctionner seul vient effacer. La hiérarchie offensive qui manquait à Katowice débarque à Bercy.
Le nombre de stars NBA, un indicateur trompeur
Reste que cet Euro 2025 a rappelé une leçon que les grands tournois FIBA répètent depuis des années : le talent brut sur le papier prédit mal le classement final. L'Allemagne a terminé invaincue, 9 victoires en 9 matchs, et soulevé le trophée face à la Turquie (88-83), Dennis Schröder élu MVP, deux ans après son titre mondial de 2023 : une continuité collective que peu de sélections peuvent revendiquer. La Turquie a atteint la finale, la Finlande le dernier carré. Pendant ce temps, la Serbie de Nikola Jokić, favorite désignée de la plupart des pronostics, sortait dès les huitièmes contre cette même Finlande (92-86). La France, elle aussi cotée bien au-dessus de la Géorgie, a quitté le tournoi le même week-end.
Et l'Espagne ? Éliminée dès les poules, 2 victoires pour 3 défaites, cinquième du groupe C. Le chiffre fait mal quand on se souvient d'où venait cette sélection. Il fixe aussi les limites de l'argument inverse : le collectif sans matière première finit par rendre les armes. Les données éclairent le jeu, elles ne remplacent ni le talent ni l'équilibre entre les deux.
Espagne 2022, la démonstration dont on se souvient
Car trois ans avant cette sortie de route, la Roja du basket avait signé le contre-exemple parfait. Berlin, 18 septembre 2022 : l'Espagne bat la France 88-76 en finale de l'EuroBasket, sans le moindre All-Star NBA sur sa feuille de match. Le MVP du tournoi s'appelle Willy Hernangómez, pivot de rotation en NBA cette saison-là. Son frère Juancho plante 27 points en finale, soit 31 % des points espagnols du soir. En demi-finale, cette équipe avait dominé l'Allemagne 96-91 chez elle, à Berlin. La passe supplémentaire, le QI collectif, la dureté des écrans : tout l'héritage de l'école espagnole, celle des Gasol, de Calderón et de Rubio, concentré dans un groupe que personne n'attendait.
Le saviez-vous ? Dans l'autre demi-finale de cet Euro 2022, la France avait écrasé la Pologne 95-54. Quarante et un points d'écart : la plus large victoire en demi-finale de l'histoire de la compétition. Deux jours plus tard, les Bleus en marquaient 76 contre le collectif espagnol. Le basket a de ces ironies.
La leçon vaut d'être posée en termes de données : en 2022, l'équipe championne concentrait sa production dans un système, pas dans des noms. En 2025, l'Allemagne a gagné avec la même recette, servie par davantage de talent. Les sélections construites autour de deux ou trois stars NBA arrivées fatiguées en août, elles, s'arrêtent en huitième. Ce constat traverse les éditions, et il devrait parler à tous ceux qui pensent qu'un effectif se juge à la somme de ses contrats.
Ce qui se joue vraiment le 27 août
Une fenêtre de qualification n'a ni l'intensité ni l'enjeu d'un quart de finale de grand tournoi, et personne ne prétendra le contraire. Son intérêt est ailleurs : c'est le premier laboratoire d'une équipe de France reconstruite autour de son pivot, avec deux ans devant elle avant le Mondial et quatre avant l'Euro 2029. Les soirées à 69 et 70 points de l'été dernier ont donné le cahier des charges. Reste à voir combien de ces trente points d'écart un seul homme peut combler, et ce que le collectif construira autour.
Si ces soirées d'août vous donnent des fourmis dans les mains, le terrain reste le meilleur endroit pour les calmer : un coup d'œil à notre rayon de matériel de basket et rendez-vous au playground.
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