Angleterre-Argentine, l’autre demi-finale de la Coupe du monde 2026
Au lendemain de l’élimination des Bleus par l’Espagne, l’autre demi-finale se joue ce mercredi soir à Atlanta. Kane et Bellingham d’un côté, Messi et ses records de l’autre, soixante ans de rivalité en toile de fond : tout ce qu’il faut savoir avant Angleterre-Argentine, dont le perdant retrouvera la France samedi en petite finale.


Pendant que les Bleus digèrent leur élimination, le tableau, lui, continue d'avancer. Ce mercredi soir, 21h00 à Paris, 15h00 au Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta, l'Angleterre et l'Argentine s'affrontent pour la dernière place en finale de la Coupe du monde 2026 (diffusion sur M6 et beIN Sports 1). Le vainqueur retrouvera dimanche au MetLife Stadium une Espagne qui a éliminé la France mardi soir (2-0), sur un penalty d'Oyarzabal et un but de Porro, au terme d'une demi-finale que les Bleus ont traversée un ton en dessous. Le perdant, lui, héritera d'un rendez-vous à double tranchant : la petite finale contre la France, samedi à Miami. Entre les Three Lions et l'Albiceleste, il y a une rivalité de soixante ans, deux stars à six buts, un monument de 39 ans, et l'histoire d'un premier duel que le football attendait depuis vingt ans.
Deux parcours, deux dramaturgies
L'Angleterre à deux têtes
Premiers du groupe L (4-2 Croatie, 0-0 Ghana, 2-0 Panama), les hommes de Thomas Tuchel ont ensuite souffert à chaque tour : 2-1 contre la RD Congo, 3-2 à dix contre le Mexique dans l'Azteca, 2-1 en prolongation face à la Norvège. Kane et Bellingham totalisent 12 des 13 buts anglais du tournoi.
L'Argentine au cœur solide
La championne du monde en titre a survolé le groupe J (3-0 Algérie, 2-0 Autriche, 3-1 Jordanie) avant trois matchs couperets arrachés dans la douleur : 3-2 en prolongation contre le Cap-Vert, une remontada de 0-2 à 3-2 contre l'Égypte, puis 3-1 en prolongation face à la Suisse.
Kane-Bellingham, l'attaque à deux moteurs
Le paradoxe anglais tient en une stat : une équipe entière, deux buteurs. Harry Kane et Jude Bellingham comptent 6 buts chacun, et personne d'autre ou presque ne marque. Le capitaine a lancé le tournoi d'un doublé contre la Croatie et sauvé les siens contre la RD Congo ; le milieu du Real Madrid a renversé le Mexique d'un doublé, puis sorti la Norvège d'un nouveau doublé, dont le but décisif en prolongation. Autour d'eux, Saka étire les défenses, Rice, remis à temps, verrouille l'entrejeu, et Pickford reste l'un des meilleurs gardiens du tournoi dans les moments chauds. Les réserves existent pourtant : Jarell Quansah purge le dernier match de sa suspension, Henderson a quitté le tournoi sur blessure, et cette Angleterre n'a plus gardé sa cage inviolée depuis les poules. Tuchel lui-même le reconnaît : son équipe « n'a pas encore atteint son pic ». Il faudra l'atteindre ce soir.
Messi, 39 ans, et toujours le dernier mot
En face, l'histoire s'écrit à chaque match. À 39 ans, Lionel Messi compte 8 buts dans ce tournoi et a porté son total en Coupe du monde à 21 buts, record absolu de l'épreuve, devant les 16 de Klose et les 17 de Marta toutes compétitions confondues. Triplé contre l'Algérie, doublé contre l'Autriche, coup franc contre la Jordanie, but et corner décisif contre le Cap-Vert, égalisation dans la remontada face à l'Égypte : le capitaine argentin traverse le Mondial nord-américain comme une tournée d'adieux à laquelle personne ne veut croire. Mais l'Albiceleste ne se résume plus à lui : Julián Álvarez a plié le quart d'un bijou en prolongation, Mac Allister et Enzo Fernández font tourner le milieu, Lautaro Martínez pèse en sortie de banc et le duo Romero-Lisandro Martínez protège un Emiliano Martínez toujours aussi précieux dans les fins de match. L'enjeu dépasse le symbole : aucun champion du monde n'a conservé son titre depuis le Brésil de 1962.
Une rivalité qui charrie soixante ans d'histoires
Angleterre-Argentine en Coupe du monde, c'est un dossier à part dans l'histoire du jeu. Wembley 1966 et l'expulsion du capitaine Rattín, que Buenos Aires appelle encore « le vol du siècle ». L'Azteca 1986, condensé du football en quatre minutes : la « main de Dieu » puis le but du siècle de Maradona, slalom de soixante mètres dans la défense anglaise. Saint-Étienne 1998, le bijou de Michael Owen, l'expulsion de Beckham et les tirs au but fatals aux Anglais ; Sapporo 2002 et la rédemption du même Beckham sur penalty. Bilan : trois victoires anglaises, une argentine, un nul. Et une anomalie enfin réparée : en cinq Coupes du monde, Messi n'a jamais affronté l'Angleterre. Ce sera chose faite ce soir, à l'endroit même où il a déjà marqué deux fois dans ce tournoi.
Les clés du match
- Le plan anti-Messi : Tuchel a évoqué un marquage individuel avant de nuancer : « Si vous fermez ses circuits, il en créera peut-être un nouveau. C'est une force supérieure. » Le choix du dispositif anglais dira tout.
- La dépendance offensive anglaise : 12 buts sur 13 pour Kane et Bellingham. Scaloni promet de « neutraliser les deux meilleurs » ; si l'Argentine y parvient, qui marquera pour l'Angleterre ?
- La fatigue des prolongations : l'Argentine a disputé deux prolongations en trois matchs, l'Angleterre une seule. À 39 ans, Messi abordera-t-il une éventuelle 120e minute avec les mêmes jambes ?
- Les fins de match : l'Argentine a marqué après la 79e dans ses trois matchs à élimination directe ; l'Angleterre a encaissé dans tous les siens. Le money time promet.
Pour la France, le résultat de ce soir n'est pas neutre : le perdant sera l'adversaire des Bleus samedi 18 juillet au Hard Rock Stadium de Miami, pour une petite finale qui sera aussi le dernier match de Didier Deschamps. Mais ce mercredi soir appartient d'abord aux deux derniers prétendants au trône espagnol. Messi a donné le ton : « C'est toujours beau de jouer contre des équipes comme ça, dans des matchs pareils, surtout en demi-finale d'une Coupe du monde. » Rendez-vous à 21h00. Le football, parfois, tient ses promesses ; Angleterre-Argentine les a rarement trahies.
Pour aller plus loin
Ces articles pourraient aussi vous intéresser























