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Le 30 juillet 2020, la NBA reprend sa saison dans un complexe de Disney World, à Orlando. Vingt-deux équipes, trois salles interchangeables, aucun spectateur, aucun déplacement. Sur la feuille de match, une équipe reste pourtant désignée à domicile et l'autre à l'extérieur. Restait à peser cette étiquette une fois vidée de tout son contenu.

Sur les 171 matchs de classement et de playoffs joués dans la bulle, l'équipe estampillée locale en a gagné 52,05 %, à 7,5 points de marge d'erreur près. Une pièce à peine truquée. Ailleurs, l'avantage du terrain existe bel et bien et il rapporte. Il s'est pourtant réduit sans discontinuer depuis cinquante ans, et les résultats disent où il est parti.

De 68 % à 55 %, cinquante-sept saisons de bilans

Les classements détaillés de Basketball-Reference donnent, pour chaque franchise et chaque saison, son bilan à domicile. En additionnant les 57 exercices de 1969-70 à 2025-26, on obtient 60 209 matchs et un taux de succès des recevants de 60,70 %. Regroupés par décennie, ces totaux montent jusqu'aux années 1980, puis descendent sans se reprendre :

Ballon de Basket BG5000 | Molten
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4.5/5(1089 avis)
130,15€
Molten
Hopz 2.0 | SKLZ
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4.2/5(206 avis)
42,83€
SKLZ
D-Man | SKLZ
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4.4/5(1367 avis)
87,49€
SKLZ
Heavy Weight Control Basketball | SKLZ
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4.8/5(2443 avis)
42,99€
SKLZ
Ballon de Basket 3×3 | Wilson
Ballon de Basket 3×3 | Wilson
4.5/5(1947 avis)
34,99€
DrClutch Essentials
  • Années 1970 (7 361 matchs) : 63,67 % de victoires à domicile
  • Années 1980 (9 471 matchs) : 64,87 %, le sommet
  • Années 1990 (10 934 matchs) : 61,44 %
  • Années 2000 (12 095 matchs) : 60,50 %
  • Années 2010 (12 059 matchs) : 58,96 %
  • 2019-20 à 2025-26 (8 289 matchs) : 55,17 %

Le record date de 1976-77, première saison après l'absorption de l'ABA : 68,51 % de succès pour les hôtes. La saison 2025-26 a fini à 55,45 %. Une régression sur les 57 points de la série chiffre la dérive à 1,53 point de pourcentage perdu par décennie. La courbe garde ses soubresauts, 2022-23 étant remontée à 58,05 % avant de replonger.

La comparaison avec l'autre sport surprend. Notre relevé de l'avantage du terrain au football donne 44,0 % de victoires à domicile dans les cinq grands championnats, très en dessous du basket. Les nuls expliquent l'écart : sur les seules rencontres décidées, le club qui reçoit en remporte 59,1 %, contre 55,3 % au parquet NBA sur les cinq dernières saisons. Marquer cent points par soirée protège donc son hôte un peu moins bien qu'en marquer un.

Le prix du parquet, compté en points

Un pourcentage de victoires reste abstrait. Reprenons les scores match par match. En 1987-88, sur 943 rencontres, l'équipe qui recevait l'emportait de 5,84 points en moyenne. En 2025-26, sur 1 230 rencontres, l'écart tombe à 1,74 point. Le terrain rapporte 30 % de ce qu'il rapportait quarante ans plus tôt : deux paniers d'avance offerts au coup d'envoi hier, moins d'un aujourd'hui.

Une explication circule beaucoup : le tir à 3 points aurait élargi la loterie au point de noyer un petit avantage. L'hypothèse se teste. L'écart-type des marges est bien passé de 12,45 points en 1987-88 à 16,41 en 2025-26, les scores se dispersent davantage. Mais en rendant aux marges d'aujourd'hui la dispersion d'hier, le taux de victoires des hôtes ne remonte que d'un à quatre points selon la façon de mener le calcul, quand la baisse observée entre les deux saisons atteint 12,4 points. L'essentiel vient donc de l'avance elle-même, qui s'est effondrée. Le tir de loin, passé de 3,1 % des tentatives en 1979-80 à 41,5 % en 2025-26, pèse peu dans l'affaire.

Orlando, puis une saison de gradins vides

La bulle offre au basket ce que le huis clos a offert au football, en plus radical. À Orlando, le public disparaît, mais aussi l'avion, l'hôtel, le décalage horaire et la salle familière. Sur les 88 matchs de classement, les recevants nominaux prennent encore 55,68 % ; sur les 83 matchs de playoffs qui suivent, ils tombent à 48,19 %. Total : 52,05 % et 1,33 point de marge, indissociable du hasard sur un échantillon de cette taille.

La saison 2020-21 fournit le test le plus large, les jauges ayant varié d'une salle à l'autre au fil des règles sanitaires locales. En séparant ses 1 080 rencontres selon l'affluence relevée, sept d'entre elles n'en ayant aucune d'enregistrée : devant zéro spectateur (570 matchs), les équipes à domicile gagnent 50,88 % et concèdent 0,13 point en moyenne. Devant du public, même clairsemé (503 matchs), elles gagnent 58,65 % et prennent 2,18 points d'avance. Le partage n'a rien d'aléatoire, les marchés les plus stricts formant un groupe à part. L'ordre de grandeur laisse pourtant peu de place au doute : sans un bruit dans le dos, le parquet ne vaut plus rien.

La recherche a exploité le même laboratoire. McHill et Chinoy (Scientific Reports, 2020) montrent qu'avant l'arrêt, traverser des fuseaux horaires abaissait le pourcentage de victoires et l'adresse des visiteurs, le voyage leur coûtant surtout du rebond offensif. Dans la bulle, ces effets s'atténuent avec l'avantage du terrain : le bénéfice de jouer chez soi passe par l'adresse dégradée de l'adversaire.

Le voyage, la salle et le sifflet

Si le déplacement use, un calendrier plus doux doit rogner l'avantage du terrain. Les faits suivent. En reconstituant les dates de chaque équipe, une franchise de 1987-88 encaissait 22,0 back-to-backs par saison et 3,8 séquences de quatre matchs en cinq nuits. En 2025-26, elle en subit 14,7 et 0,2, sur le calendrier effectivement joué ; les relevés publiés au moment de l'annonce du calendrier, en août 2025, en comptaient 14,4. Un tiers des enchaînements de deux soirs a été effacé, le supplice des quatre en cinq a presque disparu, et les visiteurs arrivent en état de jouer.

La familiarité avec les lieux compte aussi : Pollard (Journal of Sports Sciences, 2002) a suivi 37 franchises nord-américaines de basket, de baseball et de hockey ayant déménagé dans une salle neuve de la même ville entre 1987 et 2001, et chiffre à 24 % l'avantage perdu dès la première saison dans le nouvel écrin.

Reste le suspect préféré des tribunes. Au football, le public porte l'essentiel de l'avantage, l'arbitre étant le canal le mieux documenté : son biais s'inverse quand les gradins se taisent. En NBA, la trace est mince : nos relevés des rapports Last Two Minute comptent 2 763 erreurs au détriment des visiteurs pour 2 712 au détriment des locaux en dix saisons, cinquante et une d'écart sur 4 487 fins de match. Le biais se réveille en playoffs, avec 229 erreurs contre les visiteurs pour 185 contre les hôtes. Une nuance venue d'Espagne complète le tableau : López-García, Alonso-Pérez-Chao, Navarro Barragán et Jiménez-Sáiz (Applied Sciences, 2024) relèvent, sur 24 saisons, une tendance des équipes de l'Ouest à mieux tenir leur salle que celles de l'Est, à verser au rapport de force entre conférences.

En playoffs, le parquet pèse encore

Sur les 3 296 matchs de playoffs joués de 1985 à 2026, les recevants l'emportent 63,68 % du temps, avec 4,45 points de marge, très au-dessus de la saison régulière. L'érosion s'y retrouve pourtant : 68,25 % entre 1985 et 1994, 58,06 % depuis 2022, et 52,38 % pendant les printemps 2020 et 2021, joués sans public ou presque.

Au niveau de la série, l'équipe qui reçoit le premier match en remporte 469 sur 630, soit 74,44 %. Le chiffre flatte, cette équipe étant aussi la mieux classée. Le game 7 corrige le biais, puisque les deux adversaires y arrivent à 3-3. Sur 109 septièmes manches depuis 1985, l'équipe hôte affiche 77 victoires pour 32 défaites, 70,64 %. Le détail par époque est saisissant : 23-2 entre 1985 et 1999, puis 11-14 depuis 2020. Vingt-cinq matchs suffisent à peine à conclure, mais le Thunder battu chez lui 111-103 par les Spurs en finale de conférence, le 30 mai dernier, rappelle que le sixième homme a cessé de signer les fins de match.

Devant le prochain match

Une équipe qui reçoit part avec un peu moins de deux points d'avance et gagne 55 % du temps : sur 41 réceptions, de quoi déplacer une tête de série, et sur une soirée, rien qui justifie un pronostic. Quand un consultant annonce une forteresse imprenable, le différentiel de points en dira davantage que le décibelmètre.

Orlando a livré le verdict le plus net : retirez le public, l'avion et la salle connue par cœur, il ne reste qu'une mention sur une feuille de match. Le douzième homme du football passe en grande partie par le sifflet de l'arbitre ; celui du basket vit dans les tribunes, et il a perdu la voix en trente ans. Reste ce moment où une franchise joue sa saison sur un game 7 chez elle et où dix-neuf mille personnes se lèvent d'un coup. Le chiffre dit que cela pèse moins qu'avant, il ne dit pas ce que les joueurs en feront. Pour vos propres soirées au gymnase, le matériel de basket restera plus utile que l'ambiance.

Sources : Basketball-Reference, classements détaillés des 57 saisons de 1969-70 à 2025-26, calendriers complets de 1987-88, 2019-20, 2020-21 et 2025-26, résultats de playoffs de 1985 à 2026 ; taux, marges et écarts-types calculés par nos soins. McHill et Chinoy, Scientific Reports, 2020 (bulle NBA, voyage et perturbation circadienne). Pollard, Journal of Sports Sciences, 2002 (déménagements de salle). López-García, Alonso-Pérez-Chao, Navarro Barragán et Jiménez-Sáiz, Applied Sciences, 2024 (avantage du terrain par conférence). Consultées le 13 août 2026.

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