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Pendant que le Mondial nord-américain vit ses derniers jours, la machine FIFA a déjà les yeux tournés vers 2030. Une édition à part : celle du centenaire, cent ans après l'Uruguay 1930. Où se jouera-t-elle, dans quel format, et que restera-t-il des nombreuses nouveautés testées cet été ? État des lieux de ce qu'on sait, et de ce qui se discute encore.

Trois continents, six pays : le montage le plus vaste de l'histoire

La décision est officielle depuis le 11 décembre 2024 : la Coupe du monde 2030 a été attribuée au trio Maroc-Portugal-Espagne, seule candidature en lice. Le tournoi se jouera pour l'essentiel des deux côtés du détroit de Gibraltar, du 13 juin au 21 juillet 2030. Mais pour honorer le centenaire, trois matchs d'ouverture anticipés seront disputés les 8 et 9 juin en Amérique du Sud : à Montevideo, où tout a commencé en 1930, à Buenos Aires et à Asunción. Six pays hôtes, trois continents : du jamais-vu.

Croquis des six pays hôtes de 2030 : Espagne, Portugal, Maroc, plus Uruguay, Argentine et Paraguay pour les matchs du centenaire

Vingt-trois stades pressentis

Onze stades en Espagne (Camp Nou et Bernabéu en tête), six au Maroc, trois au Portugal, plus les trois enceintes sud-américaines du centenaire.

Croquis de deux stades face à face, Bernabéu contre Grand Stade Hassan-II, avec un point d'interrogation pour la finale

La finale, bataille à venir

Le Grand Stade Hassan-II de Casablanca, environ 115 000 places, plus grande enceinte du tournoi, défie le Santiago-Bernabéu pour accueillir la finale. La FIFA n'a pas encore tranché.

48 ou 64 équipes ? Le débat qui fâche

Officiellement, 2030 se jouera à 48 équipes, le format inauguré cette année. Mais depuis mars 2025 et une proposition surprise de la confédération sud-américaine, l'idée d'un tournoi élargi à 64 équipes, exceptionnellement, pour le centenaire, revient régulièrement sur la table, une variante à 66 ayant même circulé ce printemps. L'UEFA y est frontalement opposée : « une mauvaise idée », a tranché son président Aleksander Čeferin, inquiet pour la valeur des qualifications. Selon la presse française, Gianni Infantino lui-même n'afficherait guère d'enthousiasme en interne, et l'élargissement semble de moins en moins probable. Aucune décision formelle n'a toutefois été actée par le Conseil de la FIFA à ce jour : le dossier reste officiellement ouvert.

L'autre débat, plus sérieux encore, concerne le calendrier : jouer de la mi-juin à la mi-juillet en Espagne, au Portugal et au Maroc, des pays qui ont dépassé les 40 °C l'été dernier, interroge. La FIFA a minimisé le risque dans son évaluation de la candidature, mais le syndicat mondial des joueurs (FIFPRO) réclame déjà des protocoles bien plus stricts : pauses systématiques dès 26 °C d'indice WBGT, report des matchs au-delà de 28 °C. La chaleur de l'édition 2026 a transformé cette question technique en sujet politique majeur.

Les dispositifs de 2026 : lesquels vont rester ?

Ce Mondial 2026 a servi de vitrine à une salve de nouveautés. Leur avenir se lit en trois catégories.

Déjà gravés dans les Lois du Jeu. Contrairement à une idée répandue, la règle des 8 secondes pour les gardiens (corner à l'adversaire si le portier conserve trop longtemps le ballon) n'est pas une expérimentation du tournoi : adoptée par l'IFAB en mars 2025, elle est permanente depuis le 1er juillet 2025, et son principe a même été étendu cette année aux touches et sorties de but (5 secondes). Même statut pour les caméras corporelles des arbitres, inscrites dans la Loi 5 comme option de compétition depuis mars 2026, avant même le coup d'envoi du Mondial. Ces dispositifs seront là en 2030 : la question est réglée.

Reconduction très probable, mais non actée. Le hors-jeu semi-automatique version 2026, qui notifie désormais les positions illicites directement aux arbitres assistants sur le terrain, et le ballon connecté Trionda d'adidas (capteur de 14 grammes, 500 mesures par seconde) prolongent des technologies standard depuis 2022. Aucune déclaration officielle ne les garantit pour 2030, mais leur abandon serait une surprise totale.

Vraiment incertains. Restent les fameuses pauses fraîcheur obligatoires : trois minutes à la 22e minute de chaque mi-temps, sur les 104 matchs, quelles que soient les conditions. Sifflées par les stades, soupçonnées de servir surtout de fenêtres publicitaires lorsqu'elles s'appliquent par 20 °C, elles cristallisent les critiques. La FIFPRO plaide pour un protocole indexé sur la mesure réelle de la chaleur plutôt que des pauses fixes. C'est probablement là que 2030 ressemblera le moins à 2026 : la pause deviendra plus intelligente, ou disparaîtra sous sa forme actuelle.

Ce qu'il faut retenir

  • Espagne, Portugal et Maroc organisent l'essentiel du tournoi ; Montevideo, Buenos Aires et Asunción ouvrent le bal du centenaire.
  • Le format reste officiellement à 48 équipes ; l'élargissement à 64 divise et semble s'éloigner.
  • 8 secondes, body cams : déjà pérennisés dans les Lois du Jeu. SAOT et ballon connecté : quasi certains. Pauses fraîcheur fixes : le vrai point d'interrogation.
  • La finale se jouera au Bernabéu ou au Grand Stade Hassan-II : la décision la plus symbolique reste à prendre.

Rendez-vous dans quatre ans pour la réponse. D'ici là, il reste une Coupe du monde à terminer, et un France-Maroc qui pourrait bien servir de répétition générale à l'ambiance de 2030.

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