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Chaque Coupe du monde a ses héros inattendus. Celle-ci, la première à 48 équipes, en a produit une fournée exceptionnelle : jamais un premier tour n'avait vu tomber autant de cadors ni émerger autant d'inconnus. Au moment où les quarts de finale s'installent, tour d'horizon de celles et ceux qui ont volé la vedette aux stars annoncées.

Le Cap-Vert, l'histoire dont tout le monde se souviendra

Commençons par l'évidence. Pour sa première participation, le Cap-Vert, environ 525 000 habitants, est devenu la plus petite nation de l'histoire à atteindre la phase à élimination directe d'un Mondial. Et il ne l'a pas fait en victime consentante : 0-0 contre l'Espagne d'entrée (sept arrêts de Vozinha), 2-2 arraché à l'Uruguay, 0-0 contre l'Arabie saoudite pour valider la qualification. Sorti des poules sans avoir perdu, il a fallu une prolongation contre l'Argentine (3-2) pour éteindre le rêve en seizièmes, au terme d'un match que même Lionel Scaloni a reconnu ne pas avoir été « une promenade de santé ». Bilan final : zéro défaite en temps réglementaire en quatre matchs de Coupe du monde. Qui dit mieux parmi les éliminés ?

Frise du parcours du Cap-Vert : 0-0 Espagne, 2-2 Uruguay, 0-0 Arabie saoudite, 2-3 après prolongation contre l'Argentine

Quatre matchs, zéro défaite en 90 minutes

Espagne, Uruguay, Arabie saoudite, Argentine : personne n'a battu les Requins bleus dans le temps réglementaire. Seule la prolongation de Miami a eu raison d'eux.

Croquis de gants de gardien avec le nombre de 7 arrêts face à l'Espagne et 40 ans

Vozinha, 40 ans, superstar malgré lui

Gardien de Chaves, en deuxième division portugaise, Vozinha a encaissé 2 buts pour 54 tirs subis en poules. Son compte Instagram est passé d'environ 50 000 à plusieurs millions d'abonnés pendant le tournoi.

L'équipe de « Bubista », Pedro Leitão Brito de son vrai nom, a marqué les esprits au-delà des résultats : un capitaine fidèle (Ryan Mendes, 98 sélections), un but d'anthologie signé Sidny Lopes Cabral contre l'Argentine, enroulé en pleine lucarne à la 103e minute et déjà candidat au plus beau but du tournoi, et une ligne de conduite revendiquée par le sélectionneur : « Tout le monde a le droit de rêver, et rien n'est impossible. » ESPN a résumé le sentiment général en attribuant à l'équipe la note A malgré l'élimination.

Paraguay, Norvège : les tombeurs de géants

Le Cap-Vert n'a pas été la seule surprise collective. Le Paraguay, 34e au classement FIFA, a signé le séisme du tournoi en sortant l'Allemagne en seizièmes (1-1, 4-3 aux tirs au but) : la première défaite de la Mannschaft dans une séance de tirs au but en Coupe du monde, toutes éditions confondues. La Norvège d'Erling Haaland a fait mieux encore en éliminant le Brésil en huitièmes (2-1, doublé du buteur de Manchester City, porté à 7 réalisations pour son premier Mondial) : les Scandinaves, qui n'avaient gagné que cinq matchs de Coupe du monde avant ce tournoi, disputeront le premier quart de finale de leur histoire. À noter aussi : le Maroc, tombeur des Pays-Bas, seule nation africaine en quarts pour la deuxième édition consécutive, et l'élimination du Mexique, co-organisateur, par l'Angleterre en huitièmes.

Les joueurs qui ont crevé l'écran

JoueurSélectionÂgeCe qu'il a montré
VozinhaCap-Vert40 ans7 arrêts contre l'Espagne, muraille des poules
Ayyoub BouaddiMaroc18 ansPatron du milieu, plus de 50 passes réussies dans deux matchs
Gilberto MoraMexique17 ansPlus jeune joueur du tournoi, titulaire chez le co-hôte
Julio EncisoParaguay22 ansButeur contre l'Allemagne en seizièmes
Johan ManzambiSuisse20 ansDoublé contre la Bosnie, décisif sur trois matchs
Ibrahim MbayeSénégal18 ansButeur contre la France, titulaire à chaque match
Sidny Lopes CabralCap-Vert23 ansLucarne contre l'Argentine, candidat au plus beau but

Trois profils se détachent dans cette génération spontanée. Ayyoub Bouaddi, d'abord : le milieu lillois de 18 ans est devenu en un mois le métronome du Maroc, premier joueur de son âge à réussir plus de 50 passes dans deux matchs d'une même Coupe du monde. Gilberto Mora, ensuite : à 17 ans, le meneur de Tijuana a assumé le maillot du pays co-organisateur sans trembler. Et Vozinha, enfin, contre-pied absolu à l'époque : un gardien de 40 ans, inconnu hors du Portugal il y a un mois, devenu icône mondiale à coups de parades et de sourires. Sans oublier le Parisien Ibrahim Mbaye, buteur contre la France avec le Sénégal à 18 ans, ni Nathan Saliba, moteur du Canada jusqu'en huitièmes.

Ce que ce cru dit du format à 48

On craignait un premier tour dilué ; on a eu le plus chaotique de l'histoire récente. Les chiffres parlent : 270 buts en 93 matchs au soir des huitièmes (2,9 par match), un record absolu d'affluence cumulée dès la phase de groupes (plus de 3,6 millions de spectateurs au 25 juin), quatre matchs nuls le même jour le 22 juin, du jamais-vu depuis 1958, et une hécatombe de favoris : Allemagne dehors dès les seizièmes, Brésil et Pays-Bas tombés avant les quarts. Sur les quatre débutants du tournoi (Cap-Vert, Jordanie, Ouzbékistan, Curaçao), un seul a passé le premier tour, mais quel passage. Les recruteurs, eux, ont déjà noté tous les noms de cette page. Les prochains mercatos diront lesquels ont confirmé.

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