EuroBasket 2026 : le tournoi fantôme et le vrai été des Bleus
Pas d’EuroBasket en 2026 : l’Euro s’est joué en 2025 et reviendra en 2029. Données du dernier tournoi, leçon espagnole de 2022 et retour de Wembanyama chez les Bleus.



9 heuresPublié le 14 août 2026 à 10:12
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Vous avez tapé « EuroBasket 2026 » dans votre moteur de recherche, et vous voilà ici. Autant répondre sans détour : il n'y aura pas d'EuroBasket en 2026. La compétition se joue tous les quatre ans, la dernière édition s'est achevée le 14 septembre 2025 avec le sacre de l'Allemagne, et la prochaine attendra l'été 2029. Fermez l'onglet ? Surtout pas. Cet été 2026 est tout sauf une année creuse pour l'équipe de France, et les données laissées par le dernier Euro racontent une histoire bien plus instructive que n'importe quel débat de comptoir sur les favoris.
Un Euro tous les quatre ans, calendrier en main
Reprenons la chronologie, source FIBA à l'appui. L'EuroBasket 2025 s'est disputé du 27 août au 14 septembre 2025 entre Chypre, la Finlande, la Pologne et la Lettonie. L'Allemagne y a décroché le titre en battant la Turquie 88-83 en finale, avec un Dennis Schröder élu MVP, pendant que la Grèce arrachait le bronze à la Finlande (92-89). La prochaine édition, la 43e, se tiendra à l'été 2029 en Estonie, en Grèce, en Slovénie et en Espagne, avec une phase finale à Madrid et un match d'ouverture programmé au Santiago-Bernabéu. Un Euro qui s'ouvre dans le stade du Real, on a connu pire décor pour vendre du basket au grand public.
Entre les deux, le calendrier international ne s'arrête pas : les fenêtres de qualification pour la Coupe du Monde 2027 occupent les étés 2026 et 2027, avec douze billets à distribuer pour la zone Europe. C'est là que les Bleus jouent gros dès la fin du mois, on y revient.
Euro 2025 : le diagnostic chiffré des Bleus
Privée de Victor Wembanyama, de Rudy Gobert et d'Evan Fournier, tous trois forfaits avant le tournoi (source : franceinfo), l'équipe de France version 2025 a livré un Euro à deux visages. En poule à Katowice, le bilan affiche 4 victoires pour 1 défaite et la première place du groupe D. Les quatre succès ? 92-64 contre la Belgique, 103-95 contre la Slovénie, 83-76 contre la Pologne, 114-74 contre l'Islande. Faites le calcul : 98 points de moyenne les soirs de victoire.
Puis regardez les deux défaites : 69 points contre Israël (82-69), 70 contre la Géorgie en huitième de finale (80-70). Presque trente points d'écart de production entre les bons et les mauvais soirs, contre des adversaires qui n'avaient rien d'armadas défensives historiques. La déduction tient en une phrase : quand le rythme retombait et que le match se jouait en demi-terrain, cette équipe n'avait plus de hiérarchie offensive. Aucun créateur pour forcer un bon tir, aucune menace intérieure pour aspirer les aides. Le box score le suggère, les statistiques avancées le confirment : la production ne s'effondre pas de près de 30 % par hasard.
Le huitième contre la Géorgie, le 7 septembre 2025, illustre le problème mieux qu'un long discours. Kamar Baldwin et Tornike Shengelia ont inscrit 24 points chacun, soit 48 des 80 points géorgiens : 60 % de la production adverse à deux. En face, le meilleur marqueur français, Sylvain Francisco, plafonne à 14 unités. Deux individualités assumées contre un collectif sans patron. Dans un match couperet, celui qui sait à qui donner le ballon dans les cinq dernières minutes part avec un avantage que les moments clutch transforment en qualification.
Le nombre de stars NBA, un indicateur trompeur
L'Euro 2025 a rappelé une leçon que les grands tournois FIBA répètent depuis des années : le talent brut sur le papier prédit mal le classement final. L'Allemagne a terminé invaincue, 9 victoires en 9 matchs, deux ans après son titre mondial de 2023 : une continuité collective que peu de sélections peuvent revendiquer. La Turquie a atteint la finale, la Finlande le dernier carré. Pendant ce temps, la Serbie de Nikola Jokić, favorite désignée de la plupart des pronostics, sortait dès les huitièmes contre cette même Finlande (92-86). La France, elle aussi cotée bien au-dessus de la Géorgie, a quitté le tournoi le même week-end.
Et l'Espagne ? Éliminée dès les poules, 2 victoires pour 3 défaites, cinquième du groupe C. Le chiffre fait mal quand on se souvient d'où venait cette sélection. Il fixe aussi les limites de l'argument inverse : le collectif sans matière première finit par rendre les armes. Les données éclairent le jeu, elles ne remplacent ni le talent ni l'équilibre entre les deux.
Espagne 2022, la démonstration dont on se souvient
Car trois ans avant cette sortie de route, la Roja du basket avait signé le contre-exemple parfait. Berlin, 18 septembre 2022 : l'Espagne bat la France 88-76 en finale de l'EuroBasket, sans le moindre All-Star NBA sur sa feuille de match. Le MVP du tournoi s'appelle Willy Hernangómez, pivot de rotation en NBA cette saison-là. Son frère Juancho plante 27 points en finale, soit 31 % des points espagnols du soir. En demi-finale, cette équipe avait dominé l'Allemagne 96-91 chez elle, à Berlin. La passe supplémentaire, le QI collectif, la dureté des écrans : tout l'héritage de l'école espagnole, celle des Gasol, de Calderón et de Rubio, concentré dans un groupe que personne n'attendait.
Le saviez-vous ? Dans l'autre demi-finale de cet Euro 2022, la France avait écrasé la Pologne 95-54. Quarante et un points d'écart : la plus large victoire en demi-finale de l'histoire de la compétition. Deux jours plus tard, les Bleus en marquaient 76 contre le collectif espagnol. Le basket a de ces ironies.
La leçon vaut d'être posée en termes de données : en 2022, l'équipe championne concentrait sa production dans un système, pas dans des noms. En 2025, l'Allemagne a gagné avec la même recette, servie par davantage de talent. Les sélections construites autour de deux ou trois stars NBA arrivées fatiguées en août, elles, s'arrêtent en huitième. Ce constat traverse les éditions, et il devrait parler à tous ceux qui pensent qu'un effectif se juge à la somme de ses contrats.
Le vrai rendez-vous de l'été 2026 : Bercy, le 27 août
Venons-en à ce qui attend les Bleus cette année. Pas d'Euro, donc, mais deux matchs de qualification pour la Coupe du Monde 2027 : la Slovénie le 27 août à l'Accor Arena, puis la Suède le 30 août en Scandinavie. Et une nouvelle qui change la dimension de cette fenêtre : Victor Wembanyama est de retour en sélection (source : BeBasket, 18 juillet 2026). Sa dernière apparition en bleu remontait aux Jeux de Paris 2024 ; il avait manqué la première fenêtre de juin pour cause de playoffs avec San Antonio, après avoir renoncé à l'Euro 2025. Frédéric Fauthoux le décrit comme le « leader incontesté de cette génération », et le sélectionneur veut que cette présence devienne concrète sur le terrain.
Evan Fournier réintègre aussi le groupe, auréolé d'un titre en Euroligue avec l'Olympiakos, pendant que Guerschon Yabusele, Bilal Coulibaly et Zaccharie Risacher manquent à l'appel pour des raisons personnelles. Relisez maintenant les chiffres de l'Euro 2025 : des soirées à 69 et 70 points, un meilleur marqueur à 14 unités dans un match à élimination directe. C'est exactement ce qu'un intérieur capable de générer du jeu, d'attirer deux défenseurs et de sanctionner seul doit effacer. La hiérarchie offensive qui manquait à Katowice débarque à Bercy avec l'envie de rattraper le temps perdu.
Si ces soirées d'août vous donnent des fourmis dans les mains, le terrain reste le meilleur endroit pour les calmer : un coup d'œil à notre rayon de matériel de basket et rendez-vous au playground.
Rendez-vous à Madrid
L'EuroBasket 2026 restera donc une requête de moteur de recherche, pas une compétition. Le vrai fil rouge des Bleus, le voilà : qualifier l'équipe pour le Mondial 2027, réinstaller Wembanyama au centre du projet, puis viser cet Euro 2029 dont la phase finale se jouera à Madrid. Il aura alors 25 ans, l'âge où les diagnostics chiffrés de 2025 devront appartenir au passé. Et si le titre devait se décider au Bernabéu face à une Espagne reconstruite autour de son éternel collectif, on signe tout de suite : pour les amoureux de basket et de belles histoires, il n'existe pas de meilleur scénario.
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