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Deux joueurs signent le même contrat de 10 millions par saison. Le premier joue à Miami, le second à Los Angeles. À la fin de l'année, leurs comptes en banque racontent deux histoires différentes : la Floride ne prélève aucun impôt d'État sur le revenu, la Californie applique un taux qui monte à 13,3 %. Deuxième épisode de notre série sur l'argent de la NBA : comment les États américains taxent les salaires, et pourquoi la carte fiscale pèse sur le marché des joueurs.

La jock tax, mode d'emploi

Un joueur NBA ne paie pas ses impôts dans un seul État. La règle, surnommée « jock tax », impose de répartir le salaire entre toutes les juridictions où il travaille, au prorata des « duty days », les jours de service : matchs, entraînements, camps, déplacements. Un exemple pour fixer l'idée : sur une saison de 200 jours de service, un déplacement de 4 jours pour une série de matchs à l'extérieur rend 2 % du salaire annuel imposable dans l'État visité, à son taux à lui.

Au total, ces prélèvements des États visités représentent de 2 à 5 % du salaire selon le calendrier et la franchise. Pour un contrat de 10 millions, entre 200 000 et 500 000 dollars par an partent ainsi vers des États où le joueur ne réside pas.

La carte qui pèse sur les négociations

Le gros de la note se joue à domicile : au moins 41 matchs, plus les entraînements, dans l'État de la franchise. Trois États sans impôt sur le revenu hébergent des équipes NBA : la Floride (Heat, Magic), le Texas (Mavericks, Rockets, Spurs) et le Tennessee (Grizzlies). En face, les quatre franchises californiennes (Lakers, Clippers, Warriors, Kings) exposent leurs joueurs au taux d'État le plus élevé du pays. Forbes chiffre l'écart sur un cas concret : un joueur drafté par une équipe d'un État sans impôt paiera environ 2 millions d'impôts d'État sur son premier contrat, contre plus de 5 millions si les Wizards de Washington l'avaient choisi.

Toronto est un cas à part : les Raptors évoluent sous le régime fiscal canadien, plus lourd, avec des mécanismes de planification spécifiques pour les joueurs. Et la carte pourrait encore bouger : les deux marchés d'expansion retenus par la ligue, Seattle et Las Vegas, se trouvent dans deux États sans impôt sur le revenu, l'État de Washington et le Nevada.

Ce que la fiscalité change, et ce qu'elle ne change pas

La convention collective égalise les salaires bruts : le contrat maximum est le même partout. Les nets, eux, ne le sont pas, et les franchises de Floride et du Texas s'en servent comme argument de recrutement depuis des années. L'effet est réel mais borné. La jock tax lisse une partie de l'écart, puisque la moitié du calendrier se joue chez les autres. La résidence fiscale du joueur, ses revenus de sponsoring et sa planification patrimoniale comptent autant que l'adresse de sa salle.

Et l'été 2026 le rappelle : l'argent ne décide pas de tout. LeBron James a choisi Philadelphie, en Pennsylvanie, quand Miami figurait parmi les équipes citées. À son niveau de patrimoine, le projet sportif pesait davantage que le taux d'imposition. Pour un joueur à 5 millions par an en revanche, l'écart entre Miami et Los Angeles représente une part significative du net : la fiscalité pèse d'autant plus que le contrat est petit.

Les questions qui reviennent

C'est quoi, la jock tax ?

Le surnom de la règle qui oblige un sportif professionnel à payer l'impôt sur le revenu dans chaque État américain où il joue, au prorata de ses jours de service sur place.

Quels États n'ont pas d'impôt sur le revenu ?

Neuf États américains, dont cinq accueillent ou peuvent accueillir des franchises NBA : Floride, Texas, Tennessee, Nevada et l'État de Washington.

Combien un joueur NBA paie-t-il d'impôts ?

L'impôt fédéral américain s'applique à tous. S'y ajoutent l'impôt de l'État de la franchise (de 0 à 13,3 % selon l'État) et la jock tax des États visités (2 à 5 % du salaire au total). Le détail complet du brut au net, escrow et commissions d'agent compris, fera l'objet d'un prochain épisode de la série.

Sources : Forbes (avantage fiscal par État et cas chiffré, octobre 2025), Kiplinger et H&R Block (mécanisme de la jock tax et duty days), TurboTax (fiscalité des sportifs professionnels).

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