Argentine-Espagne (0-1 a.p.) : l’Espagne championne du monde au bout d’une finale sous très haute tension
L’Espagne est championne du monde 2026. Un but de Ferran Torres en prolongation (106e) a plié une finale fermée et électrique, marquée par l’expulsion d’Enzo Fernández, des échauffourées au coup de sifflet final et une remise du trophée par Donald Trump sous les sifflets du MetLife Stadium. Récit.


Seize ans après son premier sacre, l'Espagne est de nouveau championne du monde. Dimanche soir, au MetLife Stadium d'East Rutherford, la Roja a battu l'Argentine 1-0 après prolongation, au bout d'une finale exactement inverse de la petite finale délirante de la veille : fermée, hachée, étouffante, et traversée de bout en bout par une tension qui a fini par exploser. Récit d'une soirée où il s'est passé beaucoup de choses, et très peu de football.
Quatre-vingt-dix minutes de verrou
On attendait un duel d'orfèvres entre la meilleure attaque et la meilleure défense du tournoi, comme le laissait présager notre avant-match. On a eu un bras de fer cadenassé. Le chiffre dit tout : l'Argentine est devenue la première équipe de l'histoire à ne cadrer aucun tir en 90 minutes d'une finale de Coupe du monde (0,00 expected goals selon le quotidien AS). En face, l'Espagne monopolisait le ballon mais butait sur un Emiliano Martínez en état de grâce : 11 arrêts au total, record pour une finale, une performance qui illustre à merveille notre dossier sur le gardien moderne. Autre première, plus contestée : un spectacle de mi-temps digne du Super Bowl a étiré la pause au-delà de 27 minutes, au mépris des usages.
L'expulsion d'Enzo Fernández, le tournant
Le match a basculé sur un fait de jeu que l'Argentine ruminera longtemps. Déjà averti à la 82e minute pour un comportement antisportif après une série de fautes et d'accrochages qui avaient électrisé la fin de match, Enzo Fernández a récolté un second carton jaune dans le temps additionnel (90e+3) pour un tacle imprudent sur le jeune Pau Cubarsí. Expulsion, et toute la prolongation à dix pour l'Albiceleste. La décision de l'arbitre slovène Slavko Vincic, dont la désignation faisait déjà débat avant le match, a été jugée sévère par une partie de la presse ; elle a surtout fait dérailler les nerfs argentins, déjà à vif.

Ferran Torres, supersub en or
En supériorité numérique, l'Espagne a poussé. Un but de Nico Williams a d'abord été refusé à la 96e minute pour une faute de Mikel Merino sur Martínez. Puis, à la 106e, la délivrance : sur une remise de la tête de Nico Williams, Ferran Torres, entré en jeu à la 62e minute, a fusillé le gardien argentin du gauche. Un second but espagnol, signé Torres encore, sera annulé à la 113e pour un hors-jeu signalé de justesse. Qu'importe : l'attaquant, élu homme du match, venait d'offrir à son pays la deuxième étoile, d'un éclair dans une nuit sans lumière.
Un coup de sifflet final qui dégénère
Au coup de sifflet final, la tension accumulée a explosé. Les images ont fait le tour du monde : Leandro Paredes saisissant Eric García à la gorge avant de se retrouver au sol avec Gavi, Nahuel Molina s'en prenant aux remplaçants espagnols, et Lionel Scaloni en personne entrant sur la pelouse pour séparer les joueurs, écartant au passage Lamine Yamal, pendant qu'un membre du corps arbitral s'interposait entre deux joueurs pour éviter le pire. Plusieurs médias ont affirmé dans la foulée que Paredes avait été expulsé après l'incident : la feuille de match officielle de la FIFA l'infirme. Reste une fin de soirée indigne d'une finale, que même les 80 663 spectateurs d'un MetLife Stadium à guichets fermés n'avaient pas vue venir.
Trump remet le trophée sous les sifflets
L'après-match a réservé une dernière image surréaliste : c'est Donald Trump, aux côtés de Gianni Infantino, qui a remis le trophée au capitaine espagnol Rodri, sous les sifflets nourris du public, avant de s'attarder sur le podium au moment où les Espagnols soulevaient la coupe. Après l'affaire Balogun, le président américain aura donc pesé sur ce Mondial jusqu'à sa toute dernière minute. Dans les tribunes officielles, le roi Felipe VI, la reine Letizia, Pedro Sánchez, Claudia Sheinbaum et Mark Carney ont assisté à la scène ; Javier Milei, superstitieux, avait décliné l'invitation. Touche américaine jusqu'au bout : les trente champions du monde sont repartis avec des bagues de champion à la mode NBA.
L'Espagne dans l'histoire
Au-delà du chaos, le palmarès retiendra une équipe monumentale. L'Espagne boucle son Mondial avec un seul but encaissé en huit matchs, sept clean sheets pour Unai Simón (Gant d'or et record), un Ballon d'or du tournoi pour Rodri, un trophée de meilleur jeune pour Pau Cubarsí, et devient la première nation à détenir simultanément les titres mondiaux masculin et féminin. La série d'invincibilité de la Roja, que nous détaillions avant la demi-finale contre les Bleus, se poursuit. L'Argentine de Messi, elle, rend sa couronne au terme d'un tournoi immense conclu par vingt minutes de trop. Le Trionda Final noir et or a fini sa course dans les filets argentins, et notre bilan complet de la Coupe du monde 2026 raconte tout ce que cette édition laisse derrière elle.
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